Le rendement des obligations françaises à 10 ans dépasse 5%
Le rendement de l’OAT française à 10 ans a franchi la barre des 5% cette semaine pour la première fois depuis 2002, atteignant jusqu’à environ 5,14% avant de revenir autour de 5% en fin de semaine. Les investisseurs s’inquiètent de la fragilité des finances publiques françaises, de la faiblesse de la croissance et des tensions sociales.
L’écart de rendement avec les Bunds allemands à 10 ans a dépassé 170 points de base, son niveau le plus élevé depuis 2011. Cette « prime de risque » traduit la demande de compensation accrue des investisseurs pour détenir de la dette française plutôt que de la dette allemande, considérée comme la référence la plus sûre de la zone euro.
Les pays de la zone euro les plus endettés, dont la France, font face à une pression croissante : la hausse des taux allonge mécaniquement le coût de refinancement de la dette et limite la marge budgétaire des gouvernements. La dette publique française avoisine 119% du PIB, un niveau record.
Moody’s maintient la note de la France à Aa3
Contrairement aux attentes de nombreux économistes, Moody’s n’a pas dégradé la France vendredi. L’agence a maintenu sa note souveraine à Aa3, tout en conservant une perspective négative, ce qui signifie qu’une baisse de note reste possible à moyen terme.
Moody’s justifie cette vigilance par un déficit public attendu à 5,4% du PIB en 2026, une croissance plus faible que prévu, la hausse des coûts d’intérêt et les tensions sociales susceptibles de compliquer l’assainissement des comptes publics.
Le maintien de la note repose toutefois sur une hypothèse clé : l’adoption d’un budget 2027 permettant de réduire le déficit, avec un objectif gouvernemental de 5% du PIB. Moody’s anticipe elle-même un déficit plutôt proche de 5,2% en 2027, en raison d’une croissance légèrement inférieure aux projections officielles.
Les bourses européennes terminent la semaine en baisse
Les Bourses européennes ont clôturé la semaine en repli, pénalisées par les tensions sur la dette française, la hausse du pétrole et plusieurs déceptions trimestrielles. Le Stoxx 600 a reculé d’environ 0,3% vendredi, à 635,77 points, et perdu environ 1,4% sur la semaine.
L’industrie, l’automobile, les télécommunications et certains biens de consommation ont particulièrement souffert. À l’inverse, le secteur de l’énergie a surperformé, soutenu par la remontée des cours du pétrole.
Les résultats d’entreprises ont fortement pesé sur les cours :
- Kering a chuté de plus de 13% après un recul des ventes de Gucci.
- Volvo Cars a plongé de plus de 24%, touchant un plus bas historique, après une perte opérationnelle trimestrielle supérieure aux attentes, un recul des ventes en Chine et l’annonce de 2 500 suppressions de postes supplémentaires.
- Safran a perdu environ 9% : ses ventes ont progressé, mais le marché attendait des éléments plus rassurants sur ses objectifs et sa rentabilité.
- L’Oréal a au contraire progressé de près de 5,6%, ses ventes du troisième trimestre ayant dépassé les attentes.
