Zone euro : Taux de la BCE, PIB et chômage des jeunes

Christine lagarde
Christine Lagarde-Bloomberg

L’économie de la zone euro a progressé davantage que prévu au troisième trimestre, sans amélioration du marché du travail. Pour la Banque centrale européenne, la persistance des tensions énergétiques complique un arbitrage déjà délicat entre lutte contre l’inflation et soutien à l’activité.

Le chômage des jeunes inquiète

En septembre 2026, le taux de chômage s’est établi à 6,5%, son plus haut niveau depuis février 2024. Le nombre de chômeurs a augmenté de 122 000 par rapport au mois précédent, pour atteindre 11,555 millions.

La dégradation est plus marquée chez les jeunes. Le taux de chômage des moins de 25 ans est passé de 15,1% à 15,4%, son niveau le plus élevé depuis six mois, soit 2,469 millions de personnes.

Les écarts nationaux demeurent importants : le chômage atteint 10,3% en Espagne et 8,5% en France, contre 4,1% en Allemagne et 4% aux Pays-Bas. Dans l’ensemble de l’Union européenne, il reste stable à 6,2%.

La croissance du PIB mais pour tous

L’économie de la zone euro a progressé de 0,4% au troisième trimestre 2026, marquant un ralentissement par rapport à la croissance de 0,6% enregistrée au deuxième trimestre. L’Irlande s’est distinguée avec une progression trimestrielle de 5,5%, portée par les investissements liés à l’intelligence artificielle. L’Espagne et les Pays-Bas ont chacun enregistré une croissance de 0,6%, soutenue par la consommation des ménages.

Les grandes économies industrielles ont affiché des résultats plus modestes. En Allemagne, le PIB n’a progressé que de 0,2%, la résistance de la consommation ne compensant que partiellement la faiblesse des exportations et le recul de l’investissement. L’Italie a stagné, pénalisée par la baisse de sa production industrielle.

La France a, pour sa part, enregistré une contraction inattendue de 0,1%, sur fond de repli des exportations et de l’investissement. Sur un an, son activité recule également de 0,1%, tandis que celle de l’Allemagne progresse de 1,2% et celle de l’Espagne de 2,7%.

La BCE face aux risques d’inflation et de croissance

La Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion du 29 octobre 2026. Le taux de dépôt demeure à 2,50% et le taux principal de refinancement à 2,65%.

L’institution fait face à deux risques opposés : une énergie plus chère pourrait raviver l’inflation tout en freinant l’activité. L’inflation sous-jacente reste toutefois globalement stable, sans réaction salariale significative à ce stade.

Lors de la conférence de presse suivant la réunion, Mme Lagarde a confirmé que la BCE avait discuté d’une hausse des taux, mais avait finalement décidé, à l’unanimité, de les maintenir inchangés. Cette annonce est intervenue quelques heures après qu’elle a annoncé son intention de démissionner avant la fin de son mandat.